CONFERENCES PARTICULIERES

à tous les Philosophes de l’Unité

CONFERENCES PARTICULIERES

Enregistré dans : ACCUEIL — 2 février, 2009 @ 4:59

Bonjour à tous et bienvenue !

“Conférences particulières” est le blog de Sagi Nahor, S.I. I. de la Loge Martiniste ”Maharba”.

Ce blog est consacré au Martinisme, c'est-à-dire à Louis-Claude de Saint-Martin et à Martinez de Pasqually, théosophes chrétiens du XVIIIème siècle.

Son seul but est d'offrir aux Martinistes et aux chercheurs, aux Hommes de Désir, des réflexions, des informations sur cette Tradition Martiniste, qui constitue, à bien des égards, le Coeur du Christianisme.

Bonne lecture à tous,

SAGI NAHOR



RESURRECTION

Enregistré dans : SOURCES — 8 février, 2010 @ 3:49

Le texte suivant est un extrait de la première apocalypse apocryphe de saint jean ( Ecrits apocryphes chrétiens, tome 2 - Bibiothèque de la Pléiade). Son plus grand intérêt réside dans sa période de rédaction. Si beaucoup d'écrits apocryphes furent rédigés avant le 1er Concile de Nicée, celui-ci lui est postérieur. Et la doctrine qu'il exprime quant à la résurrection est à méditer :

10. De nouveau je dis : “Seigneur, ceux qui sont morts à partir d'Adam jusqu'à ce jour, ceux qui habitent l'Hadès depuis le temps jadis et ceux qui vont mourir durant les siècles derniers, en quel état ressusciteront-ils ?” Et j'entendis une voix qui me disait  : “Ecoute, juste Jean ! Tout le genre humain ressuscitera âgé de trente ans.”

11. De nouveau je dis : “Seigneur, les gens meurent mâle et femelle, les uns sont vieux, les autres sont jeunes, les autres encore nouveau-nés : lors de la résurrection, en quel état ressusciteront-ils ?” Et j'entendis une voix qui me disait : “Ecoute, juste Jean ! Ainsi que les abeille, en effet, ne diffèrent pas l'une de l'autre, mais sont toute d'une seule apparence et d'une seule grandeur, de même en sera-t-il, lors de la résurrection, pour tout homme. Il n'y aura plus ni blond, ni roux, ni noiraud, mais pas non plus de face sombre , ni de visages différents. Au contraire, tous ressusciteront d'une seule apparence et d'une seule grandeur. Tout le genre humain ressuscitera sans corps, comme je vous l'ai dit  : “A la résurrection, nul n'épouse et nulle n'est épousée, mais ils sont comme les anges de Dieu.”

12. De nouveau je dis : “Seigneur, y aura-t-il dans ce monde-là, une reconnaissance mutuelle, entre le frère et le frère, entre l'ami et l'ami, entre le père et ses propres enfants, entre les enfants et leurs propres parents ?” Et j'entendis une voix qui me disait : “Ecoute, Jean ! Pour les justes, il y aura reconnaissance, mais aucunement pour les pécheurs ; ceux-ci, lors de la résurrection, ne pourront pas se reconnaître les uns les autres.”

De nouveau, moi Jean, je dis : “Seigneur, gardera-t-on en ce lieu-là la pensée des choses d'ici-bas, des champs, des vignes ou d'autres choses d'ici ?” Et j'entendis  une voix qui me disait : “Ecoute, juste Jean ! Le prophète David parle en ces termes : “Je me suis souvenu que nous sommes poussière. L'homme, ses jours sont comme l'herbe ; comme la fleur des champs, il fleurit. Car l'esprit qui est en lui s'en est allé et il ne subsistera pas ; et il ne connaitra plus son lieu.” Et le même David a dit encore : “Son esprit sortira et il retournera à la terre. En ce jour-là, toutes ses pensées périront.”

SAGI NAHOR

3 DEGRES D’HABITATION DIVINE DANS L’HOMME

Enregistré dans : INTERNE — 5 février, 2010 @ 3:37

Dieu réside dans toute la Création, lui assurant la vie, le mouvement et l’être. Tout être humain qui vient dans ce monde est habité par le Verbe Divin, ce dernier étant la Lumière Intérieure de l’Homme. L’Homme est le Temple parfait de Dieu. Il existe cependant 3 degrés distincts d’intensité de cette Présence, qui sont 3 degrés de dévoilement de la Divinité. Lorsque l’Eternel émane Adam, il lui confère la propriété de libre-arbitre, c’est-à-dire la possibilité d’accepter ou de refuser ses lois, préceptes et commandements. Dieu ne veut agir dans l’Homme qu’avec le consentement, qu’avec la complète acceptation et coopération, consciente de l’Homme. Pour cela, il reste caché, pour que s’éveille en chacun le Désir de lui. C’est la première étape, figurée par le Temple de Salomon, dans lequel la Présence divine résidait dans le Saint des Saints, cachée aux regards du peuple par le voile. Dans cette étape, le Temple est à construire, par le Désir de l’Homme.  Pour tous les hommes dans cette étape, l’Eternel reste la cause impalpable, inaccessible ; l’animateur inconnu, le moteur universel de leur existence éphémère. Matérialistes et Hommes du Torrent cherchent dans la Création la Cause première qui n’appartient pas au monde naturel, mais seulement au monde divin. Dans cette étape, l’Homme du torrent est l’esclave de son égo. 

L’Homme de Désir, quant à lui, ressent un manque, une incomplétude, qui dirige ses regards vers un Inconnu qui est au-delà du monde visible. Par cela, il invite, appelle, puis accueille Dieu à se manifester en lui. Il s’approche peu à peu de cette Présence ou pour mieux dire, il laisse cette sainte Présence s’approcher de lui. C’est l’étape de la sortie d’Egypte qui brise la servitude et rend l’Homme de Désir un ami de Dieu. Les 40 ans dans le désert montrent bien que dans cette étape, la sainte Rencontre est encore occasionnelle, jamais définitive parce que l’Homme est encore attiré par la chimère des idoles. L’idolâtrie consistant à se créer un dieu à sa propre image, image qui est ensuite vitalisée et entretenue dans une vie artificielle par des pensées (voire des rites) illicites.  Malgré ses erreurs, sans cesse répétées, son Désir de la Vérité s’installe peu à peu en lui, graduellement, à chaque fois qu’il prononce « que Ta volonté soit faite » et qu’il s’abandonne à son Ami divin. Le combat de l’Homme de Désir est un combat d’abandon à la Grâce de ce Dieu vrai et Eternel qui lui a donné comme précepte : « l’Eternel combattra pour vous, et vous gardez le Silence ». Le travail de l’Homme de Désir est un agir envers ses frères et sœurs, envers tous les règnes de la nature, dont il est responsable, mais c’est aussi un non-agir vis-à-vis de son Dieu, qui après avoir créé l’Homme souhaite être le seul agent de sa progression spirituelle.  C’est pour cela qu’il s’est incarné lui-même dans la Personne de son Verbe, pour nous régénérer.

Le Sacrifice volontaire de IESHOUA sur la Croix et l’institution Eucharistique, qui le pérennise dans le temps, donne à chacun par la Grâce le pouvoir de devenir Enfant de Dieu. Le Nouvel Homme n’est plus serviteur, il n’est plus ami de Dieu, il est Fils de Dieu, promis par son Père céleste en mariage à sa propre Sagesse. Le Nouvel Homme régénéré est fiancé à la Sagesse divine ; il vit dans l’attente et l’espérance de ces noces, indissolubles, éternelles. L’état de Fils est le troisième degré d’habitation divine en nous. C’est là véritablement, que le voile du Temple est déchiré, que la conscience humaine est immergée en Dieu jusqu’à ne plus ressentir sa différence avec sa source et tout ce qui en émane. Le mot ultime de la Réintégration pourrait être : TOUT EST UN. 

SAGI NAHOR

LIRE SAINT-MARTIN

Enregistré dans : TRADITION — 28 janvier, 2010 @ 2:32

L'oeuvre Saint-Martinienne qui nous est parvenue peut être classée en trois catégories d'intention et de là, de difficulté de lecture.

Le premier ensemble est constitué des livres que Louis-Claude de Saint-Martin voulut publier. Il y parle souvent comme un philosophe de son siècle, puisque voulant combattre leurs idées en employant un raisonnement similaire au leur. Son intention est aussi de toucher un large public, d'où les très nombreux développements de sa pensée.

“Des Erreurs” et surtout “Le Tableau Naturel” portent l'empreinte du martinésisme et peuvent aider à la compréhension du “Traité” de martines de Pasqually.

“L'Homme de Désir “, très poétique, est souvent la voie d'accès à l'oeuvre du Philosophe Inconnu.

“Le Nouvel Homme”  est principalement une réflexion sur le Nouveau Testament.

“Le Ministère” porte l'empreinte de Jacob Boehme.

“Le Crocodile” laisse transparaître un réel enseignement sous le voile de l'amusement.

Le second ensemble est formé de ses pensées et aphorismes, sans longues explications mais suffisamment développés pour servir de support à une réflexion, à une méditation. Peut-être les a-t-il écrit à l'attention du cercle de ses Intimes ou utilisé dans ledit cercle. Les “Oeuvres Posthumes”, le “Livre Vert” les regroupent.

Le troisième ensemble, le plus difficile à aborder est constitué de ses notes personnelles, qui n'étaient pas destinées à la publication. Le “Livre Rouge” et “Les Nombres” ne peuvent être abordés sans bien connaître le reste de son oeuvre.

SAGI NAHOR



LA LOGE

Enregistré dans : DEFINITIONS — 27 janvier, 2010 @ 12:50

Selon les Ordres et les Rites, l’ensemble des Frères et Sœurs formant un regroupement Martiniste porte le nom d’ »Heptade », de « Chapitre », ou de « Loge ». 

L’Heptade est en lien avec le nombre des officiers, c’est-à-dire 7 ; le Chapitre est d’origine chevaleresque et le mot Loge vient des bâtisseurs du Moyen-Age. C’est pourtant ce dernier qui fut recommandé et utilisé par Papus et par les Compagnons de la Hiérophanie, comme on peut s’en convaincre par le Rituel de 1887 et par différents articles de la revue l’Initiation, dans sa 1ère série. 

Le mot « loge », vient d’un mot d’origine franque : « laubja » qui désignait un abri de feuillage. Il en vint à désigner ensuite la cabane d’un ermite, puis le baraquement en bois des Bâtisseurs de cathédrales. 

En symbolique initiatique, le mot « loge » pourrait très bien venir aussi du grec « logion », qui signifia d’abord la réponse d’un oracle, une prédiction, une prophétie, puis toute Parole sacrée, divine. 

La loge Martiniste pourrait alors être considérée comme la demeure du Verbe divin, le Logos ; l’abri qui rassemble temporairement les ermites solitaires, sous le feuillage de l’Arbre de vie. 

Rappelons qu’Abraham était en méditation sous les chênes de Mambré lorsque vint à lui une trinité angélique et que Jésus reconnu Nathanaël pour Juste, parce que ce dernier méditait sous le figuier. 

SAGI NAHOR

LA CROIX

Enregistré dans : INTERNE — 26 janvier, 2010 @ 11:14

“Alors Jésus dit à ses disciples : “Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive”.  Matthieu 16,24.

La croix intérieure purifie par des souffrances salutaires tout le limon des péchés, et en dissipe l'affreux amas que le péché originel avait accumulé ; elle renverse la haie épaisse qu'élève le coeur charnel et impur ; par là, elle ouvre une voie libre à la naissance du coeur spirituel, pur et nouveau ; elle rompt jusqu'au dernier fil le vieux vêtement de l'âme qui enveloppe le nid du péché , alors le moi, cette racine du péché, se montre à nu et a horreur de lui-même.

Cette croix intérieure et salutaire, pour accomplir son oeuvre, refond dans le creuset de la purification, tout l'être du régénéré, et efface jusqu'aux dernières traces toute l'impureté du vieil homme ; car tant qu'il y reste encore la moindre trace de cette souillure, le royaume de Dieu ne peut se manifester à l'âme dans toute sa plénitude, et Dieu ne saurait y établir sa demeure.

Le feu de la croix, ou le baptême du feu (Matthieu 3,11) doit enfin détruire le dernier recoin du péché, et emporter jusqu'à la plus petite fibre de cette racine de tout mal, qui est le moi et qui doit être anéanti.

Ce dernier effet de la croix intérieure découvre à l'homme la connaissance la plus sublime de lui-même , car il lui fait sentir vivement, et dans toute son étendue, quelle est la bassesse de son néant ; cet effet est à la fois infiniment cruel et doux pour le pécheur qui, connaissant parfaitement à quel point il est criminel devant Dieu, se repent, et fait des efforts pour s'unir inséparablement à lui par le pur amour.”   Quelques traits de l'Eglise intérieure, Lopoukine, Amitiés spirituelles, p106-108.

SAGI NAHOR

ARTICLE

Enregistré dans : TRADITION — 20 janvier, 2010 @ 12:00

Un article, à lire absolument, sur le site “Philosophe Inconnu” :

De Martines de Pasqually à Louis-Claude de Saint-Martin : Dramaturgies Adamiques”

SAGI NAHOR



MINISTERE

Enregistré dans : EKKLESIA — 19 janvier, 2010 @ 6:40

Pensée de Louis Claude de Saint-Martin

(Mon Livre Vert)

“Quelle douceur ! Quelle divine charité dans l'administration des faveurs de l'Eglise ! Les organes mortels dont elle se sert, pécheurs comme nous, sont élevés cependant par leur caractère jusqu'au rang de ces agents privilégiés, dont toute l'occupation est d'intercéder la miséricorde suprême, de la fléchir par leurs prières et d'offrir leurs larmes pour obtenir, non seulement le pardon de nos iniquités, mais surtout l'abolition et la destruction de cette racine du péché semée en nous depuis le crime, et qui y végète si cruellement pendant tous les jours de notre vie.

J'avoue que j'ai été frappé de respect et pénétré d'un grand attendrissement de voir les confesseurs, après avoir rempli leur ministère auprès des pénitents, se prosterner aux pieds des autels et supplier le Dieu des âmes en faveur des malheureux infirmes qu'ils viennent de guérir et d'absoudre ; enfin de les voir se mettre à la place du pécheur lui-même et l'aider, par leurs gémissements, à faire rentrer la vie dans ses plaies et dans ses blessures.

Une pareille religion peut avoir vu naître des abus dans son sein, et de la part de ses ministres même ; mais à coup sûr, elle est la véritable, et les égarements de ses ministres ne feront jamais rien sur un esprit raisonnable. Car s'il leur est donné de pouvoir être ici-bas les représentants et les coopérants des agents supérieurs, et d'être plus qu'hommes dans des instants, en faveur de nous autres malheureux prévaricateurs, pourquoi exigerions-nous qu'il leur fût impossible, non seulement d'être hommes comme le vulgaire, mais quelque fois même d'être moins qu'hommes, en se laissant aller aux dépravations des êtres les plus iniques ? Rien n'est fixe ici-bas et nous pouvons passer si aisément d'un extrême à l'autre, que nous ne devons pas nous étonner des variations dont notre nature peut offrir l'exemple.”

“Il n'est que trop vrai que l'ignorance des prêtres a affaibli infiniment la foi dans leurs cérémonies saintes et dans tous les secours que nous pouvons attendre du Messias ; mais humilions un peu plus notre orgueil, apportons à ces cérémonies toutes les dispositions dont nous somems capables, et ne nous mêlons pas de juger la puissance des ministres. La parole est immuable, et, quelque peu de lumières qu'ait le prêtre, la chose sainte sera toujours profitable à celui qui s'y unit avec crainte, confiance, respect et humilité.”

SAGI NAHOR

J. BOEHME

Enregistré dans : TRADITION — 13 janvier, 2010 @ 4:12

Extrait de La triple vie de l'homme 

Il nous est particulièrement imposé à nous autres hommes dans ce monde, de chercher de nouveau ce que nous avons perdu. Maintenant si nous voulons trouver, il ne faut pas chercher hors de nous. Nous n’avons besoin d’aucuns flatteurs ni d’aucuns jongleurs qui nous encouragent et nous promettent des monts d’or pour que nous veuillons seulement les suivre et les faire briller. 

Et quand j’aurais toute ma vie assisté et écouté des sermons, et entendu toujours chanter et raisonner sur le ciel et sur la nouvelle naissance, et que je fusse ainsi resté là à côté, je ne serais pas plus avancé une fois que l’autre.  Quand on jette une pierre dans l’eau et qu’on la retire, elle est aussi bien une pierre dure après  comme avant, et elle garde sa forme ; mais si on la jette dans le feu, alors elle acquiert une nouvelle forme en soi-même.  Ainsi il en est de même de toi, homme, quand même tu courrais à l’église, et que tu voudrais être vu comme ministre du Christ, cela n’est point assez. Si tu es resté à côté, tu es après comme avant. 

Ce n’est point non plus assez que tu apprennes tous les livres par cœur, et quand tu resterais les jours et les années à lire toutes les écritures, et quand même tu saurais la Bible par cœur, tu n’en es pas meilleur devant Dieu qu’un gardeur de pourceaux, qui, pendant tout ce temps-là, a gardé les pourceaux, ou qu’un pauvre prisonnier dans les ténèbres qui, pendant tout ce temps-là, n’a pas vu la lumière du jour. Il ne te sert de rien de jaser, ni que tu saches beaucoup parler de Dieu, si tu dédaignes la simplicité, comme font les hypocrites sur la bête de l’antéchrist, qui défendent la lumière à ceux qui voient, comme cela est arrivé à cette main. Ici s’applique ce que dit le Christ : à moins que vous ne vous convertissiez et que vous ne deveniez comme des enfants, vous ne verrez point éternellement le royaume du ciel. Vous devez être engendrés de nouveau, si vous voulez voir le royaume de Dieu . Voilà le vrai but. 

L’art et l’éloquence ne servent à rien ici, tu n’as pas besoin non plus de livres ni d’industrie ; en ceci un berger est aussi savant qu’un docteur, et souvent beaucoup plus. Car il se jette plutôt de sa propre raison dans la miséricorde de Dieu, il n’a pas une grande dose de sage raison. C’est pourquoi il ne s’interroge point par cette voie, mais il va simplement avec le pauvre publicain dans le temple du Christ, tandis que le savant place encore devant soi une académie, et examine premièrement dans quel esprit il entrera dans le temple du Christ. Il interroge avant tout l'’pinion des hommes;  veux-tu chercher Dieu avec telle ou telle opinion ? L’un est de l’opinion du pape, un autre de celle de Luther, un troisième de celle de Calvin, un quatrième de celle de Scwenckfelds, ainsi de suite. Il n’y a point de fin aux opinions. Ainsi la pauvre âme demeure dans le doute hors du temple du Christ. Elle frappe, elle cherche, et doute toujours de plus en plus que ce soit là le vrai chemin.  

O toi âme égarée dans Babel, que fais-tu ? Eloigne-toi de toutes les opinions, quelque nom qu’elles portent dans ce monde. Elles ne sont toutes qu’un combat de la raison. On ne trouve point la nouvelle naissance ni la noble pierre dans le combat, ni dans aucune sagesse de la raison. Tu dois laisser aller tout ce qui est dans ce monde, quelque brillant que cela puisse être, et entrer en toi-même, ne faire autre chose qu’amasser en un tas tes péchés dans lesquels tu es empoisonné et les jeter dans la miséricorde de Dieu et t’envoler vers Dieu, lui demander qu’il les oublie et qu’il t’illumine de son esprit. 

Il n’y a pas besoin de disputer longtemps, mais seulement d’être ferme ; car le ciel doit se fendre et l’enfer trembler, et cela arrive aussi. Tu dois jeter là dedans toutes tes pensées avec ta raison, et tout ce qui se présente à toi sur ton chemin, afin que tu ne veuilles pas laisser Dieu, à moins qu’il ne te bénisse comme Jacob, qui combattit ainsi avec Dieu toute la nuit. Quand même ta conscience dirait « non, Dieu ne veut point de toi », dis « je veux être sien, je ne te lâcherai point, quand même on me traînerait dans le tombeau. Que ma volonté soit la tienne, je veux ce que tu voudras, Seigneur ». Et quand même tous les démons t’environneraient et diraient : « arrête, c’est assez pour une fois ! », il faut que tu dises : « non, ma pensée et ma volonté ne se sépareront point de Dieu, elles doivent être éternellement dans Dieu ; son amour est plus grand que tous mes péchés. Si vous, diable et monde, avez le corps mortel en votre prison, j’ai, moi, mon Sauveur et mon Régénérateur dans mon âme. Il me donnera un corps céleste qui demeurera éternellement. » Essaye ainsi cela seulement, et tu trouveras des merveilles, tu en recevras bientôt un en toi qui t’aidera à lutter, à combattre et à prier ; et quand même tu ne pourrais dire beaucoup de paroles, ce n’est pas en cela que la chose consiste, pourvu que tu puisses seulement dire la simple parole du publicain : « Ah ! Dieu, ayez pitié de moi pauvre pécheur ». Mais quand ta volonté avec toute ta raison et tes pensées seront déposées en Dieu, ne te sépare pas de lui, quand même l’âme devrait se séparer du corps ; alors tu possèdes Dieu, tu perces au travers de la mort, de l’enfer et du ciel, et tu entres dans le temple du Christ en dépit de tous les démons. La colère de Dieu ne peut pas t’arrêter, qu’elle que grande et puissante qu’elle soit en toi ; et quand le corps et l’âme brûleraient dans la colère, et seraient au milieu de l’enfer parmi tous les démons. Tu peux cependant sortir de là et venir dans le temple du Christ, où tu reçois la couronne de perle alliée à la noble et digne pierre, la pierre angulaire des philosophes. 

Mais sache que le royaume du ciel est aussi semé en toi, et est petit comme un grain de motarde. Tu reçois une bien grande joie de la couronne angélique, mais fais attention, ne la pose pas sur le vieil Adam, ou bien il en sera de toi comme d’Adam. Garde ce que tu as. Souffrir du besoin est un vilain hôte. D’une petite branche vient enfin un arbre, si elle est plantée dans un beau champ. Plusieurs vents froids et rudes vont se ruer sur la branche. Jusqu’à ce qu’il en croisse un arbre, elle est chancelante. Tu dois être exposé à l’arbre de la tentation, et aussi au mépris dans le désert de ce monde. Si tu ne la soutiens pas, tu n’obtiens pas. Si tu déracines ta branche, tu fais comme Adam, tu rendras la chose plus difficile que la première fois. Cependant elle croît dans le jardin de roses, à l’insu du vieil Adam. Car il y eut un temps long depuis Adam jusqu’à l’humanité du Christ, dans lequel l’arbre des perles a poussé secrètement sous le voile de Moïse, et cependant il est devenu un arbre en son temps, avec de beaux fruits. 

Ainsi si tu es tombé, et que tu aies perdu une belle couronne, ne te désespère point. Cherche, frappe, reviens, et fais comme auparavant, et tu éprouveras de quel esprit cette main a écrit. Tu recevras ensuite un arbre en place d’une branche, et tu diras : « Ma branche est-elle donc devenue un arbre pendant mon sommeil ? Alors tu reconnaîtras d’abord la pierre des philosophes. Remarque cela.

SAGI NAHOR

BLOG

Enregistré dans : INFOS/LIVRES/REVUES — 12 janvier, 2010 @ 11:44

un blog maçonnique récent, qui parle aussi de Martinisme : réflexions sur trois points (voir en liens).

SAGI NAHOR